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Le 13 mars 2016, Sylvain Reymond, Responsable Mécénat et partenariats de solidarité d'IMS-Entreprendre pour la Cité, présentait sa chronique sur l'évaluation des partenariats de solidarité.

Dédiée à l'évaluation et la mesure d'impact des partenariats de solidarité, cette chronique fait le point sur les différentes méthodes utilisées par les entreprises aujourd'hui.

Présentée par Didier Meillerand, A But Non Lucratif met chaque semaine en lumière une initiative positive, solidaire, caritative ou humanitaire financée par une entreprise.

Pour écouter la chronique, cliquez sur l'image ci-dessous. La chronique se trouve à 40'22 :

Sylvain Reymond est responsable du mécénat au sein d’IMS-Entreprendre pour la Cité, un réseau de 270 entreprises engagées sur le volet sociétal de la RSE. Avec lui, nous nous intéressons à un sujet qui fait beaucoup parler en ce moment : l’évaluation de la mesure d’impact. Alors tout d’abord, pourquoi une telle fascination autour de ce sujet ?

Il est certain que l’idée selon laquelle on ne gère bien que ce que l’on mesure avec précision a bien fait son chemin dans l’esprit des mécènes. L’évaluation et la mesure d’impact se généralisent à vitesse grand V. Avec ce fantasme de savoir précisément quels sont ou seront les effets générés par mon action sur mes parties prenantes. Côté fondations d’entreprise, par exemple, notre dernier panorama IMS/EY révèle que 67% des structures interrogées avaient, dès 2014, mis en place ce type de démarche. En fait, aujourd’hui, elles deviennent incontournables, stratégiques même. Elles offrent cette opportunité de légitimer les choix. De veiller à une affectation rigoureuse des ressources. Bref, d’investir dans des projets dont l’efficacité est à priori prouvée !

 

J’imagine que c’est un peu la même chose du côté des associations ?

Bien sûr, les porteurs de projet ont tout intérêt à intégrer cette dimension. Car elle leur permet de renouveler leur action. De la rendre plus performante. Pour elles comme pour les entreprises, évaluation et mesure d’impact sont des outils de décision. De pilotage. De professionnalisation.

 

Mais d’où nous vient cette idée de vouloir mesurer chaque action de mécénat ? De tout devoir évaluer ?

Plusieurs explications à cela. D’abord parce que les logiques anglo-saxonnes de venture philanthropy ou d’impact investing qui considèrent la philanthropie comme un capital risque ou un investissement s’exportent de mieux en mieux.  Aussi bien dans nos entreprises que chez nos philanthropes. Regardez ces philantrepreneurs qui considèrent leurs dons comme des investissements à visée sociale !

 

Je vous vois venir, vous êtes entrain de me parler d’un certain Alexandre Mars, et sa fameuse Fondation EPIC, non ?

Oui, de lui et de quelques autres, qui se font les porte-paroles de cette « altruisme efficace ». Et puis, en France…, ces techniques nous ont été très inspirées par les entrepreneurs sociaux qui, à un moment, ont dû s’en emparer pour démontrer leur efficacité. Comme eux, les entreprises mécènes doivent prouver leur utilité.

 

Très bien, mais comment fait-on concrètement ? Quelle est la méthode miracle ?

Le problème, c’est qu’il n’en existe pas. Pas pour l’instant du moins. Disons qu’il existe 4 grandes familles de méthodes. D’un côté les évaluations aléatoires assez complexes et couteuses. De l’autre, la recherche d’équivalents financiers tels que le calcul du SROI. En 2014, Accenture affirmait par exemple qu’1 euro investi dans le programme Entreprendre en Banlieue de Planète Finances générait en réalité une valeur d’1 euro 30.

 

Le fameux retour sur investissement social, c’est bien cela ?

Exactement. A l’IMS, nous avons par le passé expérimenté la méthode d’utilisation des référentiels. Mais de plus en plus, ce sont des analyses dîtes compréhensives, et l’utilisation de techniques d’enquêtes inspirées des sciences sociales que nous utilisons pour nos membres. Quand la FDJ et la Croix Rouge mesure l’impact de leur projet « tous en forme » c’est cette méthode qui leur permet de montrer que le sport est essentiel à l’autonomie des personnes handicapées... En réalité, il faut bien comprendre qu’à chaque projet correspond sa méthode. Et que c’est le sur mesure qui conditionne la réussite de toute mesure.

 

Pour finir Sylvain, que recommandez-vous à une entreprise et son association qui voudraient se lancer ?

Je leur dirais d’abord que le rôle de l’évaluateur externe est essentiel pour poser un regard objectif, pour justement choisir la bonne méthode et intégrer progressivement ce processus. Dans la continuité de leur partenariat, je leur dirai de travailler ensemble. Car le plus intéressant dans tout ça, c’est le processus partagé en lui-même. Cette culture commune du progrès. C’est cela qui va créer le plus de sens, de valeur. Et cette valeur là, croyez moi, ne se mesure pas. Elle n’a pas de prix…

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